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Événement
Rétromobile 2026 : une Vinot et Deguingand de 1913 sous les projecteurs parisiens
Rétromobile 2026 : une Vinot et Deguingand de 1913 sous les projecteurs parisiens
Rétromobile 2026 : une Vinot et Deguingand de 1913 sous les projecteurs parisiens
1 mars 2026 · 5 min de lecture
1 mars 2026 · 5 min de lecture

Le Salon Rétromobile vient de refermer ses portes. Parmi les carrosseries restaurées à neuf, une silhouette singulière a capturé le regard des passionnés : notre Vinot et Deguingand de 1913, exposée sur le stand du Club des Teuf-Teuf.
Elle n'est pas qu'un témoin du passé. Elle en est la survivante.
Le Salon Rétromobile vient de refermer ses portes. Parmi les carrosseries restaurées à neuf, une silhouette singulière a capturé le regard des passionnés : notre Vinot et Deguingand de 1913, exposée sur le stand du Club des Teuf-Teuf.
Elle n'est pas qu'un témoin du passé. Elle en est la survivante.
Une naissance à la veille de l'orage
Une naissance à la veille de l'orage
Sortie des ateliers de Puteaux en 1913, cette Vinot et Deguingand type AL n'aura connu l'insouciance de la Belle Époque que quelques mois. Dès 1914, la guerre éclate. Comme nombre de véhicules civils de l'époque, elle est réquisitionnée par l'armée française.
Aujourd'hui encore, si l'on soulève le capot, le numéro matricule militaire reste visible. On peut supposer que sa robustesse lui a permis de traverser le conflit sans encombre, sans savoir précisément quelles routes elle a suivies.
Sortie des ateliers de Puteaux en 1913, cette Vinot et Deguingand type AL n'aura connu l'insouciance de la Belle Époque que quelques mois. Dès 1914, la guerre éclate. Comme nombre de véhicules civils de l'époque, elle est réquisitionnée par l'armée française.
Aujourd'hui encore, si l'on soulève le capot, le numéro matricule militaire reste visible. On peut supposer que sa robustesse lui a permis de traverser le conflit sans encombre, sans savoir précisément quelles routes elle a suivies.
Une deuxième vie, à Lamalou-les-Bains
À la fin de la guerre, la voiture entame une existence différente. Rééquipée d'une motorisation électrifiée et d'une carrosserie neuve — type "bus d'hôtel", 8 places —, elle devient le véhicule d'accueil du Grand Hôtel Mas, établissement thermal réputé de l'Hérault.
Sa mission : conduire curistes et voyageurs de la gare à l'hôtel, dans un confort à la hauteur du lieu. Les inscriptions encore visibles sur sa carrosserie datent de cette période.
À la fin de la guerre, la voiture entame une existence différente. Rééquipée d'une motorisation électrifiée et d'une carrosserie neuve — type "bus d'hôtel", 8 places —, elle devient le véhicule d'accueil du Grand Hôtel Mas, établissement thermal réputé de l'Hérault.
Sa mission : conduire curistes et voyageurs de la gare à l'hôtel, dans un confort à la hauteur du lieu. Les inscriptions encore visibles sur sa carrosserie datent de cette période.
Le blanc de l'histoire
Le blanc de l'histoire
Entre la fin de son service à l'hôtel et les années 1970, le fil se distend. Nous supposons qu'elle a été stockée, à l'abri des regards, pendant plusieurs décennies. Aucune trace précise ne permet de dire où, ni pourquoi.
Certaines voitures gardent leurs silences. Celui-ci fait partie de son histoire autant que ses certitudes.
Entre la fin de son service à l'hôtel et les années 1970, le fil se distend. Nous supposons qu'elle a été stockée, à l'abri des regards, pendant plusieurs décennies. Aucune trace précise ne permet de dire où, ni pourquoi.
Certaines voitures gardent leurs silences. Celui-ci fait partie de son histoire autant que ses certitudes.
Une renaissance, puis une épreuve
Une renaissance, puis une épreuve

En 1975, la voiture réapparaît chez un marchand allemand. Un premier collectionneur l'acquiert. Elle change de mains une seconde fois en 1993, chez un collectionneur installé en Normandie.
L'hiver 2010 manque de lui être fatal. Sous le poids de chutes de neige exceptionnelles, le hangar où elle est abritée s'effondre. Le toit cède. La voiture se retrouve exposée aux éléments.
Cet épisode a laissé une trace : une patine que seul un accident peut donner, et qu'aucune restauration n'aurait pu simuler.
En 1975, la voiture réapparaît chez un marchand allemand. Un premier collectionneur l'acquiert. Elle change de mains une seconde fois en 1993, chez un collectionneur installé en Normandie.
L'hiver 2010 manque de lui être fatal. Sous le poids de chutes de neige exceptionnelles, le hangar où elle est abritée s'effondre. Le toit cède. La voiture se retrouve exposée aux éléments.
Cet épisode a laissé une trace : une patine que seul un accident peut donner, et qu'aucune restauration n'aurait pu simuler.
Préserver, plutôt que reconstruire
Préserver, plutôt que reconstruire
En 2024, son propriétaire doit rentrer en Allemagne. Il cherche un passionné capable de respecter cette histoire plutôt que de l'effacer. C'est ainsi qu'elle rejoint la collection du Garage Albert.
Contrairement à de nombreux projets de restauration "concours", nous avons fait un autre choix : préserver ce que le temps — et l'hiver 2010 — ont inscrit dans le bois et le métal. Le cuir garde sa patine. Le laiton, ses marques d'usage.
C'est cette voiture, avec sa mémoire intacte, que Rétromobile a exposée cette année.
Pour découvrir la fiche technique complète de cette Vinot et Deguingand type AL.
En 2024, son propriétaire doit rentrer en Allemagne. Il cherche un passionné capable de respecter cette histoire plutôt que de l'effacer. C'est ainsi qu'elle rejoint la collection du Garage Albert.
Contrairement à de nombreux projets de restauration "concours", nous avons fait un autre choix : préserver ce que le temps — et l'hiver 2010 — ont inscrit dans le bois et le métal. Le cuir garde sa patine. Le laiton, ses marques d'usage.
C'est cette voiture, avec sa mémoire intacte, que Rétromobile a exposée cette année.
Pour découvrir la fiche technique complète de cette Vinot et Deguingand type AL.
